Des initiatives telles que la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) de Charles Konan Banny et la CONARIV ont été mises en place, mobilisant des dizaines de milliards de francs. Le rapport final de la CDVR, fruit d'auditions et de témoignages recueillis avec rigueur, est désormais accessible en ligne après des années de rétention administrative.

Cependant, l'application des recommandations de ce rapport est critiquée. Les poursuites judiciaires des responsables de violations graves des droits de l'homme n'ont pas été largement mises en œuvre. De même, les mesures institutionnelles visant à réformer le secteur de la sécurité pour prévenir de futurs conflits n'ont pas eu les effets escomptés.

Les mesures de réparation pour les victimes ont été partiellement exécutées, avec la distribution d'enveloppes financières. Cette approche est perçue comme une tentative d'acheter le silence des vivants et de protéger les coupables, sans restituer pleinement la vérité ni exiger de repentance. L'argent, selon cette analyse, ne remplace ni le sang versé, ni la justice bafouée.

Alors que les victimes recevaient des compensations, les auteurs présumés de violences, issus de tous les camps, auraient été promus, recevant des grades et des postes importants au sein d'institutions. Cette situation contraste avec l'absence de poursuites publiques et de repentance sincère.

Une véritable réconciliation nationale est décrite comme un processus long et douloureux, exigeant une vérité complète et non sélective. Tant que les recommandations dérangeantes du rapport de la CDVR ne seront pas pleinement exécutées et que les acteurs de la crise n'auront pas demandé pardon publiquement, la blessure de la nation persistera.