Des paiements réguliers seraient effectués par des exploitants clandestins pour pouvoir continuer leurs activités ou éviter la saisie de leurs équipements. Un barème clandestin, basé sur le type de matériel utilisé et l'ampleur de l'exploitation, aurait été mis en place.
Les sommes collectées seraient réclamées selon différentes périodicités, hebdomadaire, bi-mensuelle ou mensuelle, selon le matériel et la zone d'exploitation. Ce système, s'il est confirmé, indiquerait un mécanisme bien plus structuré que de simples arrangements ponctuels.
Plusieurs services de l'État, notamment des agents des Eaux et Forêts et des unités de gendarmerie opérant dans les zones de Dimbokro, Bocanda et Bongouanou, sont cités dans les témoignages. Des « quotas » auraient même été fixés dans certaines zones.
De plus, certaines opérations de répression seraient compromises avant même leur déroulement, les exploitants étant informés à l'avance. Cela permettrait aux clandestins de quitter les lieux ou de dissimuler leur matériel.
Des localités comme Dida Kayabo, Booré et Tokro sont régulièrement mentionnées comme étant toujours actives en matière d'exploitation clandestine d'or, soulevant des questions sur l'efficacité des mécanismes de surveillance.
Cette situation risque de fragiliser toute la politique nationale de lutte contre l'orpaillage clandestin. Si des agents censés faire respecter la loi perçoivent de l'argent, la lutte contre l'illégalité devient une potentielle source d'enrichissement.
Les autorités ivoiriennes sont appelées à enquêter sur ces allégations afin d'établir les responsabilités individuelles et de vérifier les circuits financiers présumés, afin de préserver la crédibilité de l'État.
