La dégradation de la qualité de l’eau est devenue une préoccupation quotidienne dans plusieurs localités de la zone d’Agboville, notamment Grand Morié, Attobrou et les villages de Yapo. Les premières investigations indiquent que la forte turbidité observée dans les réseaux d’eau est liée aux activités d’orpaillage clandestin menées dans la région de Moronou, au Centre-Est du pays, où le fleuve Agbo prend sa source.
Les orpailleurs utilisent des produits chimiques dangereux tels que le cyanure et le mercure. Les boues, résidus et eaux usées issus de leurs activités sont ensuite entraînés par les eaux de ruissellement, atteignant les fleuves situés en aval et contribuant à leur pollution. Cette contamination menace les écosystèmes, l’accès à une eau potable de qualité et peut entraîner des risques sanitaires, comme des maladies diarrhéiques.
Face à la gravité de la situation, le préfet d’Agboville, Sihindou Coulibaly, avait ordonné la suspension de la distribution d’eau aux robinets pour préserver la santé des populations. Actuellement, l’eau commence à revenir progressivement dans les ménages grâce aux efforts des autorités et de la Société de Distribution d’Eau de Côte d’Ivoire (SODECI). Des camions-citernes de l’Office national de l’eau potable (ONEP) sont également mobilisés pour l’approvisionnement.
Cependant, la situation reste difficile, les quantités distribuées étant insuffisantes face aux besoins des populations. Il est souligné la nécessité d'attendre que l'eau soit propre. Les acteurs appellent à agir directement sur l’origine du problème, l’orpaillage illégal, et à une mobilisation collective pour préserver les ressources hydrauliques et protéger les populations.
